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Conseil lecture : Le Manuel d’économie critique publié par Le Monde Diplomatique

Avant de commencer, je tiens à dire que ce billet n’a été sponsorisé en aucune façon (1)et n’est pas un appel du pied non plus pour qu’il le soit. Mes avis sont bénévoles et m’appartiennent (en Creative Common) . Le Monde Diplomatique fait partie de mes lectures plus ou moins régulières depuis de nombreuses années, entre autres parce qu’il ne fait pas dans le sensationnel, ni le fait divers. J’apprécie l’effort d’analyse des intervenants de ce journal et prends plaisir à le lire durant mes longs trajets en train.
Il m’a donc paru logique d’acheter ce manuel pour m’aider à comprendre les enjeux économiques et politiques actuels, n’étant pas très familière avec les « sciences » économiques.
Car il s’agit bien d’un manuel de « vulgarisation », se proposant d’expliquer les règles de l’échiquier mondial actuel.

D’abord, la forme. S’il paraît un peu épais, les nombreuses illustrations en font un manuel lisible et digeste. Le plan est clair, avec l’ambition de couvrir l’ensemble des domaines de l’économie. Chaque partie contient des articles, relativement courts, qui représentent chacun 5 à 10 minutes de lecture environ, avec une thématique particulière abordée dans chacun d’entre eux. Comme sur le journal, vous avez accès à une liste de sources si vous souhaitez aller plus loin.
En gros, c’est un manuel, et sur ce point, la forme est assez fidèle aux normes du genre.

Maintenant, le fond. On y apprend beaucoup de choses sur les aspects du libéralisme, les rouages du marché et les rapports entre économie et gouvernements. Si l’idéologie dominante, qui est la seule à laquelle nous avons accès dans les médias, nous présente la croissance et le libéralisme comme seule alternative, ce manuel nous présente d’autres courants de pensées, d’autres expériences, en nous exposant les impacts des choix économiques sur l’environnement, l’emploi, la vie quotidienne telle que nous la connaissons ou telle que d’autres pays du monde la conçoivent.

Il ne s’agit pas de faire la leçon aux économistes libéraux, mais bien d’effectuer un état des lieux en proposant des alternatives à un système en faillite, sans propagande ni parti pris. C’est un support de réflexion intéressant pour qui veut comprendre les enjeux actuels, surtout avec l’échéance électorale qui se profile.

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Manuel d’économie critique

Collectif

Disponible en kiosques le 8 septembre 2016
– Format : 21 cm X 28,5 cm
– Nombre de pages: 196

Disponible sur le site du Monde Diplomatique

Notes   [ + ]

1. et n’est pas un appel du pied non plus pour qu’il le soit. Mes avis sont bénévoles et m’appartiennent (en Creative Common)

Quand un candidat en marche fait du sur place, que doit-on en penser ?

Hier, M. Macron a « joué avec les nerfs » du monde politique en déclarant sa candidature aux prochaines Présidentielles. Comme s’il s’agissait d’une surprise. Comme si l’effet d’annonce avait produit son petit cataclysme dans la stratosphère politico-médiatique. Comme si.

Ok, faisons comme si. Faisons comme si je savais quoi en penser. Faisons comme si lui-même avait la moindre idée du chemin qu’il souhaite prendre.
S’il est clair qu’il y a du travail pour réinstaurer une justice sociale et réformer un système moribond mené par une classe politique indigne de confiance, il est très difficile d’avoir foi en quelqu’un qui est tout droit issu dudit système. Ce même système politico-politique où chacun pense en terme de « mandat », « échéance électorale », clientélisme, et qui accumule, au gré des sondages, les idées préfabriquées aussi insensées que perverties par l’usage excessif de la langue de bois.

Car de langue de bois il semble être question encore une fois, en tout cas pour le moment. Je tiens à préciser qu’il s’agit d’un point de vue purement subjectif. Tout ce que je perçois, malgré mes nombreuses lectures sur le sujet, ce sont les contours imprécis d’une ébauche de programme qui n’en est pas encore un, parce que ses idées sont lancées comme des sondages d’opinion, des formules marketing et formatées pour ratisser large et voir venir.

Puisque le dessin de l’avenir semble plutôt imprécis, en dehors de cette ambition à laquelle il est d’autant plus difficile d’adhérer qu’on ne sait quelle direction elle souhaite prendre, prenons quelques secondes celui du passé.

La loi Macron était déjà un fourre-tout plus ou moins heureux, plus ou moins libéral. En fait, non, plus libéral(1) Non que le libéralisme soit une abomination, mais avouons qu’il a plutôt tendance, depuis ces dernières années, à paupériser les plus fragiles pour enrichir des nantis déjà bien trop gâtés. À quoi sert de gagner 16 millions d’euros par mois, à part créer quelques chômeurs de plus ? Pour ceux qui se posent la question, s’il est possible de créer de l’argent à partir de rien, notre économie fonctionne selon des vases communicants : si les très grands patrons des très grandes entreprises et leurs actionnaires gagnent plus, nous, travailleurs, gagnons forcément moins, ou sommes moins nombreux, ou les deux. La non répartition des richesses participe, avec d’autres critères, à l’émergence du chômage et de la précarité. que moins. Elle ne nous apprendra donc pas grand chose, elle non plus. Si ce n’est qu’elle n’inspire pas plus confiance qu’autre chose.

Qu’il va être difficile de voter encore une fois. Car encore une fois je ne voterai pas « pour » des idées, pour un projet concret et commun que je tiens à défendre. Encore cette fois il semble bien que mon bulletin de vote sera destiné à voter contre la haine, en choisissant celui ou celle qui incarnera la moins pire des alternatives. J’espère avec ferveur que les prochains mois me donneront tort.

Notes   [ + ]

1. Non que le libéralisme soit une abomination, mais avouons qu’il a plutôt tendance, depuis ces dernières années, à paupériser les plus fragiles pour enrichir des nantis déjà bien trop gâtés. À quoi sert de gagner 16 millions d’euros par mois, à part créer quelques chômeurs de plus ? Pour ceux qui se posent la question, s’il est possible de créer de l’argent à partir de rien, notre économie fonctionne selon des vases communicants : si les très grands patrons des très grandes entreprises et leurs actionnaires gagnent plus, nous, travailleurs, gagnons forcément moins, ou sommes moins nombreux, ou les deux. La non répartition des richesses participe, avec d’autres critères, à l’émergence du chômage et de la précarité.

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