Hier, M. Macron a « joué avec les nerfs » du monde politique en déclarant sa candidature aux prochaines Présidentielles. Comme s’il s’agissait d’une surprise. Comme si l’effet d’annonce avait produit son petit cataclysme dans la stratosphère politico-médiatique. Comme si.

Ok, faisons comme si. Faisons comme si je savais quoi en penser. Faisons comme si lui-même avait la moindre idée du chemin qu’il souhaite prendre.
S’il est clair qu’il y a du travail pour réinstaurer une justice sociale et réformer un système moribond mené par une classe politique indigne de confiance, il est très difficile d’avoir foi en quelqu’un qui est tout droit issu dudit système. Ce même système politico-politique où chacun pense en terme de « mandat », « échéance électorale », clientélisme, et qui accumule, au gré des sondages, les idées préfabriquées aussi insensées que perverties par l’usage excessif de la langue de bois.

Car de langue de bois il semble être question encore une fois, en tout cas pour le moment. Je tiens à préciser qu’il s’agit d’un point de vue purement subjectif. Tout ce que je perçois, malgré mes nombreuses lectures sur le sujet, ce sont les contours imprécis d’une ébauche de programme qui n’en est pas encore un, parce que ses idées sont lancées comme des sondages d’opinion, des formules marketing et formatées pour ratisser large et voir venir.

Puisque le dessin de l’avenir semble plutôt imprécis, en dehors de cette ambition à laquelle il est d’autant plus difficile d’adhérer qu’on ne sait quelle direction elle souhaite prendre, prenons quelques secondes celui du passé.

La loi Macron était déjà un fourre-tout plus ou moins heureux, plus ou moins libéral. En fait, non, plus libéral(1) Non que le libéralisme soit une abomination, mais avouons qu’il a plutôt tendance, depuis ces dernières années, à paupériser les plus fragiles pour enrichir des nantis déjà bien trop gâtés. À quoi sert de gagner 16 millions d’euros par mois, à part créer quelques chômeurs de plus ? Pour ceux qui se posent la question, s’il est possible de créer de l’argent à partir de rien, notre économie fonctionne selon des vases communicants : si les très grands patrons des très grandes entreprises et leurs actionnaires gagnent plus, nous, travailleurs, gagnons forcément moins, ou sommes moins nombreux, ou les deux. La non répartition des richesses participe, avec d’autres critères, à l’émergence du chômage et de la précarité. que moins. Elle ne nous apprendra donc pas grand chose, elle non plus. Si ce n’est qu’elle n’inspire pas plus confiance qu’autre chose.

Qu’il va être difficile de voter encore une fois. Car encore une fois je ne voterai pas « pour » des idées, pour un projet concret et commun que je tiens à défendre. Encore cette fois il semble bien que mon bulletin de vote sera destiné à voter contre la haine, en choisissant celui ou celle qui incarnera la moins pire des alternatives. J’espère avec ferveur que les prochains mois me donneront tort.

Notes   [ + ]

1. Non que le libéralisme soit une abomination, mais avouons qu’il a plutôt tendance, depuis ces dernières années, à paupériser les plus fragiles pour enrichir des nantis déjà bien trop gâtés. À quoi sert de gagner 16 millions d’euros par mois, à part créer quelques chômeurs de plus ? Pour ceux qui se posent la question, s’il est possible de créer de l’argent à partir de rien, notre économie fonctionne selon des vases communicants : si les très grands patrons des très grandes entreprises et leurs actionnaires gagnent plus, nous, travailleurs, gagnons forcément moins, ou sommes moins nombreux, ou les deux. La non répartition des richesses participe, avec d’autres critères, à l’émergence du chômage et de la précarité.